Libreville, Bangui, N’Djamena : chez CESARI, les capitales d’Afrique centrale deviennent des noms de sacs. Derrière cette approche se trouve Célia Cesari, jeune créatrice franco-gabonaise installée à Paris, qui a choisi le crochet comme moyen d’expression et l’accessoire comme territoire de création.
Le crochet comme langage
Célia Cesari explique avoir expérimenté plusieurs pratiques artistiques avant de trouver dans le crochet une technique lui permettant de produire elle-même ses objets textiles. Chaque pièce est réalisée à la main et certaines demandent plusieurs heures de travail. Cette lenteur assumée devient une composante du produit : petites séries, attention au détail et dimension artisanale.
Une collection tournée vers l’Afrique centrale
Sa première collection, baptisée Central Africa, utilise les noms de villes et les couleurs comme éléments de mémoire et d’identité. Une de ses pièces phares reprend notamment le bleu, le jaune et le vert du drapeau gabonais. La créatrice revendique une marque capable de parler de ses racines sans se limiter à un marché communautaire.
Créer depuis Paris sans effacer le Gabon
Le cas CESARI montre une autre facette de la diaspora créative gabonaise : des projets conçus depuis l’Europe mais dont l’imaginaire reste lié au continent. Pour une jeune marque, Paris apporte un environnement de mode, des réseaux et une clientèle internationale potentielle. L’enjeu est alors de transformer cette visibilité en identité commerciale cohérente.
Une nouvelle génération à observer
Célia Cesari appartient à une génération qui ne sépare plus aussi nettement artisanat, design, contenu numérique et entrepreneuriat. Elle participe à une définition plus large de la mode gabonaise : une mode qui peut être produite ou pensée ailleurs, tout en continuant à raconter le Gabon et l’Afrique centrale.
Source principale : entretien de Célia Cesari publié par TRT Afrika, avec photographie Reuters.
