Business

Pourquoi une création gabonaise peut coûter plus cher que du prêt-à-porter importé

Comparer une petite série fabriquée localement à un produit industriel vendu à grande échelle revient souvent à comparer deux modèles économiques très différents.

Pourquoi une création gabonaise peut coûter plus cher que du prêt-à-porter importé

Doriane Leet Cooper, fondatrice de la Maison 3 Points — © D.R. / GabonReview

« Pourquoi est-ce si cher ? » La question revient souvent face à une pièce créée localement. Elle est légitime, mais la comparaison avec le prêt-à-porter importé oublie généralement un facteur essentiel : les volumes de production.

Une grande enseigne peut fabriquer des milliers d’unités d’un même modèle, négocier ses matières à grande échelle et répartir ses coûts de développement sur énormément de ventes. Un atelier gabonais produit souvent à l’unité ou en petite série, avec davantage de travail manuel par pièce.

Le prix doit rémunérer le travail invisible

Dessin, patronage, essais, retouches, finitions et gestion du client ne sont pas visibles sur l’étiquette, mais mobilisent du temps et des compétences. Si le prix ne les couvre pas, l’atelier finit par sous-payer son propre travail.

Le local doit aussi prouver sa qualité

Plus cher ne signifie toutefois pas automatiquement meilleur. Une création gabonaise doit convaincre par sa coupe, sa durabilité, son service et ses finitions. Le défi du Made in Gabon consiste donc à expliquer la valeur de la petite production tout en améliorant le rapport entre qualité, expérience et prix.