Beauté

Ghana : le premier Beauty & Wellness Report veut enfin mesurer le poids économique de la beauté

Makeup Ghana et l’Université du Ghana lancent les travaux du premier rapport national fondé sur des données consacré à la beauté et au bien-être. Un chantier stratégique pour mesurer emplois, entreprises, consommation, production locale, financement et régulation.

Ghana : le premier Beauty & Wellness Report veut enfin mesurer le poids économique de la beauté

Atelier technique consacré au futur Ghana Beauty & Wellness Report à l’Université du Ghana. Image publiée par MyJoyOnline le 8 septembre 2026.

Le Ghana veut mettre des chiffres sur une industrie dont le poids est souvent évoqué sans être précisément documenté. Makeup Ghana, organisateur des Ghana Beauty Awards, travaille avec le College of Humanities de l’Université du Ghana à l’élaboration du premier Ghana Beauty & Wellness Report, présenté comme la première évaluation nationale complète et fondée sur des données du secteur de la beauté et du bien-être.

L’initiative a franchi une étape concrète avec un atelier technique réunissant le 3 septembre 2026, à l’Université du Ghana à Legon, des représentants des pouvoirs publics, des régulateurs, du monde académique, de la finance, des associations professionnelles, des organismes de développement, des centres de formation et des entreprises. L’information a été rendue publique le 8 septembre.

Passer des impressions aux données

Le futur rapport doit documenter la taille et la structure de l’industrie, sa contribution économique, l’emploi, les compétences, les tendances de consommation, la fabrication locale, la création de valeur, les normes, la régulation, l’accès au financement et les opportunités d’investissement. L’objectif est de remplacer les estimations dispersées par une base de référence capable d’éclairer les décisions publiques et privées.

Lady Rebecca Donkor, fondatrice et directrice générale de Makeup Ghana, a expliqué que le secteur doit désormais disposer d’éléments mesurables pour identifier ses lacunes, soutenir les entreprises et mieux démontrer sa contribution à l’économie créative.

L’Université du Ghana apporte la caution méthodologique

La direction scientifique du projet est confiée à la professeure Sheena Lovia Boateng, spécialiste du marketing et de l’entrepreneuriat au College of Humanities de l’Université du Ghana. Elle préside le comité de pilotage et doit encadrer la méthodologie, la qualité des indicateurs et la collecte des données.

Le comité associe notamment des profils issus de la Banque du Ghana, de l’entrepreneuriat beauté, des métiers de la coiffure et de l’esthétique, du droit, de la technologie et de la finance. Ce choix montre que la beauté est abordée comme une chaîne de valeur complète, et non uniquement comme une activité de service ou de cosmétique.

Financement, formation, régulation et fabrication locale au cœur du diagnostic

Parmi les priorités identifiées figurent la professionnalisation des métiers, les standards de formation, la certification, l’accès des PME du secteur à des financements abordables, la production locale et la connaissance des comportements des consommateurs. Les participants ont aussi insisté sur le besoin d’un environnement réglementaire plus structuré et d’un meilleur soutien aux produits fabriqués au Ghana.

Une fois le cadre de recherche finalisé, l’équipe doit poursuivre la collecte de données, élargir les consultations avec les acteurs du secteur puis compiler et analyser les résultats avant la publication du rapport.

Pourquoi cette initiative mérite l’attention du Gabon et de l’Afrique centrale

Pour Focus Mode 241, le sujet dépasse le seul marché ghanéen. Dans de nombreux pays africains, les métiers de la coiffure, du maquillage, de l’esthétique, des cosmétiques et du bien-être font vivre un grand nombre de petites entreprises et de travailleurs indépendants, mais restent insuffisamment cartographiés. Cette absence de données complique l’accès au financement, la conception de formations adaptées, la régulation et la construction de politiques industrielles.

Le modèle ghanéen montre une piste concrète : réunir professionnels, université, finance, régulateurs et pouvoirs publics autour d’un même outil de mesure. Pour le Gabon, un travail comparable permettrait de mieux connaître le nombre d’entreprises et de professionnels, le volume des importations, la place de la production locale, les besoins en formation et le potentiel de création d’emplois dans la beauté.

La beauté comme véritable industrie créative

La principale leçon est peut-être là : une industrie ne se construit pas seulement avec des talents et des événements. Elle a aussi besoin de données fiables, de normes, de financement, d’outils de formation et d’une lecture précise de son marché. En lançant ce rapport, le Ghana cherche à donner à la beauté et au bien-être les instruments habituellement utilisés pour piloter des secteurs économiques structurés.

Sources vérifiées le 9 septembre 2026 : MyJoyOnline et Melange Africa. L’atelier technique s’est tenu le 3 septembre 2026 et les informations détaillées sur le projet ont été publiées le 8 septembre 2026.