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CLOFAS 241 2026 : Beitch’Faro veut donner une nouvelle « IMPULSION » à la mode gabonaise

Du 9 au 12 décembre 2026, le CLOFAS 241 revient sous le thème « IMPULSION ». Porté par la styliste Beitch’Faro, le rendez-vous veut mettre la création locale au cœur d’une dynamique économique de la mode gabonaise.

CLOFAS 241 2026 : Beitch’Faro veut donner une nouvelle « IMPULSION » à la mode gabonaise

Défilé du CLOFAS 241 au Gabon. Photo : CLOFAS 241.

Du 9 au 12 décembre 2026, le CLOFAS 241 — Consommation Locale Fashion Show 241 — revient pour une nouvelle édition placée sous le thème « IMPULSION ». Porté par la styliste gabonaise Beitch’Faro, l’événement entend poursuivre son engagement en faveur de la création locale et contribuer à faire de la mode gabonaise une véritable filière de création, de consommation et d’opportunités économiques.

« IMPULSION », le mot d’ordre de l’édition 2026

Pendant quatre jours, du 9 au 12 décembre, le CLOFAS 241 remettra la création gabonaise au centre de la scène. Le thème « IMPULSION » évoque le mouvement, le renouveau et surtout la nécessité de faire passer l’écosystème national à une nouvelle étape de son développement.

Le Gabon dispose de stylistes, de maisons, de mannequins, d’agences, de photographes, de maquilleurs, de coiffeurs, d’accessoiristes et d’entrepreneurs créatifs. Le défi consiste désormais à transformer cette richesse en une industrie plus structurée, capable de créer des emplois, de générer des commandes et d’installer durablement les marques locales dans les habitudes de consommation.

Beitch’Faro, une pionnière de la mode gabonaise aux commandes

Derrière le CLOFAS 241 se trouve Bernadette Mpaga Tchandi, connue sous le nom de Beitch’Faro. Formée en Italie, où elle a passé plus de treize années selon une interview accordée à Afrik.com en 2003, la styliste a fait le choix de revenir au Gabon avec l’ambition de transmettre les compétences acquises et de développer une création profondément ancrée dans son environnement.

Sa signature s’est notamment construite autour d’un matériau inattendu : l’écaille de poisson. Ramassées, nettoyées, traitées, polies puis travaillées à la main avec des perles ou des paillettes, les écailles deviennent dans ses créations une matière de mode à part entière.

En décembre 2003, Beitch’Faro remporte le Concours jeunes créateurs du Festival international de la mode africaine (FIMA), au Niger, grâce notamment à une robe brodée d’écailles de poisson. Cette distinction installe durablement son nom parmi les figures de la création gabonaise.

Avec le CLOFAS 241, son rôle dépasse aujourd’hui celui de créatrice : Beitch’Faro devient promotrice, organisatrice et fédératrice d’une plateforme destinée à mettre d’autres talents en lumière.

CLOFAS 241 : consommer local, mais aussi construire local

L’identité du projet est contenue dans son nom : Consommation Locale Fashion Show. Dès l’édition 2024, les annonces consacrées au rendez-vous présentaient Beitch’Faro comme organisatrice d’un événement célébrant la mode africaine tout en mettant à l’honneur la consommation locale et les talents créatifs.

Cette notion de consommation est essentielle. Une industrie ne peut pas vivre uniquement de défilés. Pour pérenniser leur activité, les créateurs doivent vendre, rencontrer des consommateurs, développer leur image de marque, produire et disposer de canaux de distribution. Le « consommons local » devient ainsi un véritable enjeu économique.

De « Made in Gabon » à « porté au Gabon »

Le défi de la mode gabonaise n’est plus seulement de défendre le Made in Gabon, mais de faire du vêtement et de l’accessoire gabonais des produits que le public désire réellement acheter et porter. Chaque commande passée auprès d’un créateur ou d’un atelier local fait circuler de la valeur dans tout l’écosystème : création, confection, mannequinat, image, beauté, communication et événementiel.

Le podium devient alors plus qu’un spectacle : une vitrine commerciale capable de rapprocher les marques de leur marché.

Une histoire qui se construit édition après édition

Le CLOFAS s’inscrit désormais dans une continuité. Les archives de décembre 2024 documentent déjà l’organisation à Libreville du Consommation Locale Fashion Show 241 par Beitch’Faro, avec une ambition de valorisation des talents et de la consommation locale.

L’édition 2025 restera notamment associée à l’une des dernières apparitions officielles du styliste Aristide Ogouliguende, fondateur d’OJ Fashion et d’African Style Agency. Le 13 décembre 2025, il y présentait sa collection « Murmur », mêlant tradition et modernité. Il disparaîtra quelques semaines plus tard, en janvier 2026.

Ce passage rappelle aussi la fonction patrimoniale des événements de mode : les podiums deviennent des archives vivantes qui documentent les collections, les signatures et les générations ayant participé à l’histoire de la création gabonaise.

Quatre jours pour fédérer toute une chaîne de métiers

L’édition 2026 se déroulera sur quatre journées. Une durée qui permet au CLOFAS d’incarner davantage qu’une simple soirée de défilé. Autour d’une collection interviennent couturiers, modélistes, accessoiristes, mannequins, agences, maquilleurs, coiffeurs, photographes, vidéastes, directeurs artistiques, scénographes, producteurs, communicants et professionnels du numérique.

Mettre ces acteurs en relation, favoriser les collaborations et créer des occasions de visibilité constitue déjà une forme d’impulsion pour un secteur encore largement porté par des initiatives indépendantes.

Le mannequinat, indispensable à cette dynamique

Le CLOFAS représente également une opportunité pour les mannequins gabonais. Plus les créateurs produisent et présentent de collections, plus les modèles disposent d’occasions de travailler, d’enrichir leur expérience de podium et de développer leur réseau professionnel. La professionnalisation du mannequinat et celle de la création avancent donc ensemble.

Passer du podium au marché

C’est ici que le thème « IMPULSION » prend toute sa force. Donner une impulsion à la mode gabonaise ne signifie pas seulement multiplier les défilés. Cela suppose de transformer progressivement la créativité en marques, entreprises, emplois, commandes, boutiques, collaborations et marchés.

Un créateur applaudi doit pouvoir vendre la collection présentée. Un mannequin remarqué doit pouvoir convertir cette exposition en opportunité professionnelle. Un accessoiriste doit pouvoir recevoir des commandes. Un photographe doit pouvoir développer son activité. Et une entreprise partenaire doit pouvoir identifier la mode comme un secteur pertinent dans lequel investir.

Une nouvelle génération face à l’expérience d’une pionnière

L’un des intérêts de cette édition réside dans la rencontre entre les générations. D’un côté, Beitch’Faro, forte de plusieurs décennies d’expérience, d’une formation internationale et d’une reconnaissance acquise dès le début des années 2000. De l’autre, une génération qui évolue avec Instagram, TikTok, le commerce numérique et la possibilité de toucher immédiatement une audience internationale.

Le CLOFAS peut devenir un pont entre ces deux réalités : l’expérience et l’innovation, le savoir-faire et les nouveaux outils, le patrimoine créatif et les nouvelles habitudes de consommation.

Rendez-vous du 9 au 12 décembre 2026

À mesure que l’événement approchera, la programmation permettra de découvrir plus précisément les créateurs, marques, mannequins, partenaires et activités retenus pour cette édition. Focus Mode 241 suivra ces annonces afin de documenter les talents qui composeront le CLOFAS 241 2026.

Avec Beitch’Faro à sa tête et « IMPULSION » comme thème, le CLOFAS 241 2026 porte une promesse claire : créer davantage, mieux promouvoir, mieux vendre et faire de la mode locale une véritable habitude de consommation. En décembre, le défi sera de transformer cette impulsion en mouvement durable pour la mode gabonaise.